Quelque chose d’impossible à saisir

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Quelque chose d’impossible à saisir

Du 21 octobre au 7 novembre 2026
Vernissage 22 octobre 2026, 17h
Finissage 7 novembre 2026, midi

Espace Dès_
Édifice Belgo, suite 418,
372 Sainte-Catherine Ouest,
Montreal, QC,
Canada,
H3B 1A2

Dans mon jardin, je cultive le nécessaire pour nourrir, guérir et réaliser des images. Au fil des années, ce lieu est devenu bien plus qu’un espace de culture. C’est un territoire d’observation, d’expérimentation et de cohabitation avec des présences dont je ne connais jamais tout à fait la nature.  Je fais pousser des fleurs, des images et des enfants. 

Quelque chose d’impossible à saisir rassemble une constellation d’artefacts réalisés dans le jardin, à sa lisière ou à partir de ses matières mêmes. Comme en suspension entre apparition et disparition, ces œuvres semblent parfois flotter entre plusieurs états, entre la trace et la présence, le souvenir et la matière. Créées grâce à ses pigments, à la chlorophylle ou à des révélateurs et émulsions fabriqués à partir de plantes cultivées sur place, elles sont littéralement nourries par ce territoire. Les végétaux participent ainsi à la fabrication de leur propre image. 

Cette exposition est traversée par les cycles de la maternité, des saisons, de la vie et de la mort. Elle porte les traces de l’émerveillement, du soin et de la transmission, mais aussi la conscience aiguë de l’impermanence. Observer un jardin, comme observer un enfant grandir, c’est assister à une succession d’apparitions et de disparitions, à un mouvement lent où les êtres, les formes et les souvenirs semblent continuellement dériver d’un état à l’autre. Chaque floraison annonce son déclin. Chaque métamorphose exige une perte. Certaines œuvres continueront d’ailleurs à se transformer au cours de l’exposition. D’autres s’effaceront sous l’action de la lumière. Une image qui a pris des mois à s’imprimer ne durera parfois que quelques heures. 

Plutôt que de fixer le monde, ces photographies acceptent leur vulnérabilité. Elles vivent, vieillissent et disparaissent comme les organismes et les paysages dont elles sont issues. Elles demeurent pourtant dans un état de flottement, toujours en devenir, refusant de se laisser entièrement saisir ou stabiliser. 

Comme dans les contes, les frontières y deviennent poreuses : le végétal se change en image, l’enfance en souvenir, la lumière en matière, les vivants en fantômes. Le jardin devient alors un territoire hanté, non par des spectres menaçants, mais par toutes les formes de vie interconnectées qui continuent de résonner en nous : les êtres que nous avons été, ceux que nous avons aimés, les saisons disparues, les possibles inachevés. Des silhouettes, des mémoires et des présences y semblent parfois flotter à la surface des images, comme si le temps lui-même hésitait entre persistance et effacement.  Quelque chose d’impossible à saisir explore cet espace fragile où la mémoire, le vivant et la lumière ne cessent de se transformer l’un dans l’autre. 

Something Impossible to Grasp

October 21 to November 7, 2026
Opening reception: October 22, 2026, 5:00 PM
Closing event: November 7, 2026, noon

Espace Dès_

Belgo Building, Suite 418
372 Sainte-Catherine Street West
Montreal, QC
Canada
H3B 1A2

In my garden, I cultivate what is necessary to nourish, heal, and create images. Over the years, this place has become much more than a site of cultivation. It is a territory of observation, experimentation, and coexistence with mysterious presences. Here, I grow flowers, images, and children.

Something Impossible to Grasp brings together a constellation of artifacts created in the garden, at its edges, or from its very materials. Suspended between different states, these works drift between trace and presence, memory and matter. Created using its pigments, chlorophyll, and developers and emulsions made from plants grown on site, the works are quite literally nourished by this territory. The plants thus participate in the making of their own image.

This exhibition is shaped by the cycles of motherhood, the seasons, life, and death. It bears traces of wonder, care, and transmission, but also an acute awareness of impermanence. To observe a garden, like watching a child grow, is to witness a succession of metamorphoses, a slow movement in which beings, forms, and memories continually drift from one state to another. Every bloom foreshadows its decline. Every transformation requires a loss. Some works will continue to evolve throughout the exhibition. Others will be altered by the action of light. An image that took months to print may last only a few hours.

Rather than fixing the world in place, these photographs embrace their vulnerability. They live, age, and disappear like the organisms and landscapes from which they emerge. Yet they remain in a state of suspension, always becoming, resisting any attempt to be fully grasped or fixed.

As in fairy tales, boundaries become porous: plants turn into images, childhood into memory, light into matter, the living into ghosts. The garden becomes a haunted territory, not by threatening spectres, but by all the interconnected forms of life that continue to resonate within us: the beings we once were, those we have loved, vanished seasons, unfinished possibilities. Silhouettes, memories, and presences seem to float across the surface of the images, as though time itself hesitated between persistence and dissolution. Something Impossible to Grasp explores this fragile space where memory, living matter, and light continuously transform into one another.