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Janie Julien-Fort est représentée par la galerie la Castiglione


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Janie Julien-Fort est née à Rouyn-Noranda en 1983. Elle est titulaire d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques et d’un baccalauréat en éducation de l’Université du Québec à Montréal. Janie Julien-Fort s’intéresse aux spécificités propres à la matière photosensible : elle choisit la latence des images plutôt que leur instantanéité, leur matérialité plutôt que leur transparence. Elle a participé à plusieurs expositions et événements au Canada et à l’étranger, notamment au Palais de Tokyo à Paris et au KW Institute for Contemporary Art à Berlin dans le cadre de la ARTE Video Night, aux Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, la Galerie d’art Outremont, Occurence et aux centres d’artistes DARE-DARE, Verticale et l’Écart, lieu d’art actuel.


Janie Julien-Fort was born in Rouyn-Noranda, Canada in 1983. She holds a master’s degree in visual and media arts and a bachelor’s degree in education from Université du Québec à Montréal. Janie Julien-Fort studies photosensitive materials and their specific properties, through images that favour latency over instantaneity, materiality over transparency. He work was showcased in several exhibitions and events in Canada and abroad, like in Paris’ Palais de Tokyo and Berlin’s KW Institute for Contemporary Art during ARTE Video Night, Rencontres internationals de la photographie en Gaspésie, Galerie d’art d’Outremont and in artist-run centres like DARE-DARE, Verticale and l’Écart, lieu d’art actuel. Janie Julien-Fort is represented by la Castiglione gallery.


Ma pratique s’élabore dans l’émergence de l’image photographique. Je m’intéresse à la matérialité photosensible, à son essence, son ADN. Je collectionne les artefacts, les erreurs et les ratages dans une quête  d’évènements chimiques et lumineux. Pour ce faire, j’utilise entre
autres des caméras de fabrication artisanale, des interventions chimiques et des photogrammes. Je compose des univers à la fois figuratifs et abstraits peuplés des traces, des vestiges et des fantômes laissés par le passage du temps et de la lumière sur la matière photographique.

Dans mes récentes recherches, je travaille directement avec les artéfacts propres à la chambre noire sans nécessairement passer par un processus de captation conventionnel. De cette manière, j’explore l’essence des photographies soit  une empreinte lumineuse sur une surface photosensible. Je génère des photogrammes aléatoires à l’aide d’une développeuse couleur qui se déploit en de longues bandes dans l’espace d’exposition. J’installe des caméras obscura dans l’espace public pendant plusieurs mois dont je numérise ensuite l’image latente qui en résulte, elle se présente sous forme numériques sur une carte interactive et prennent la forme de drapeaux qui flottent au gré du vent.

Je conçois cette approche expérimentale comme un acte de résistance à la prolifération actuelle des images. Je choisis la latence des photographies plutôt que leur instantanéité, je choisis leur matérialité plutôt que leur transparence. L’attitude d’ouverture à l’instabilité du médium que
j’entretiens dans ma démarche me permet de tirer profit des imprévus qui surviennent. Je m’approprie les accidents photographiques comme des métaphores révélant la réalité d’empreintes indicielles et illusoires à la fois des photographies. Cela m’amène à réfléchir sur divers aspects de la précarité, car la surface abîmée des images nous ramène à la fragilité de
nos souvenirs, de nos repères, de notre environnement et de notre propre corps.


I study photosensitive materials and their specific properties, through images that favour latency over instantaneity, materiality over transparency. By developing an approach that questions the production of the image itself, I demonstrate a marked interest for its very materiality. I focus on the emergence of images. I uses analogue and artisanal photographic processes like scrap film, photograms or pinhole camera to underscore the unstable and unpredictable nature inherent to the photosensitive medium. Interested in the slow construction of images, I see photography as a way to give shape to the passage of time, choosing techniques that bypass image capture, leaving room for chance and randomness, which become my raw materials.

In my approach, I draws on the mediums instability in order to welcome unexpected occurrences and make use them in my work. I appropriates photographic accidents and their expressive potential, which make it possible to reveal the meaning of the images in their at once indexical and illusionary manifestations. These traces are reminders of the precariousness of our existence. They evoke mourning, vanishing points of reference, deterioration, the fragility of life or, simply, the passage of time.

The instability of the medium has great expressive potential to create fictional breaches.  This helps in producing new spaces filled with ghosts, dust and scratches that disclose indiscernible stories. Thus, the falling to ruin images, paired with the subject matter, bring the viewer back to his own fragility. My images are reminiscent of ancient photography, but show contemporary subjects. I creating an imaginary space where the viewer is invited to contemplate the present’s future, as if it was a premonitory vision. They show bare places haunted by human figures, irradiations and light flashes. As I often work on scalable projects that relate to time, they are never finalized and can go off on various tangents.