Les paysages éphémères, Gaspésie

Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, Marsoui, 2018

En 2015, Janie Julien-Fort entame le projet Chantiers sous surveillance. Elle fabrique et installe des centaines de petits sténopés aux abords de chantiers de construction agissant comme des caméras de surveillance de fortune qui scrutent l’évolution des chantiers dans le temps.

Ces objets photographiques utilisent la technique de la solargraphie : sans mécanisme ni lentille, elle consiste à faire passer la lumière du soleil par un minuscule trou d’aiguille pour y laisser une empreinte sur un papier photosensible. Chaque image nécessite des temps d’exposition de plusieurs mois. À l’issue de cette longue cohabitation avec le paysage, les images dévoilent leur propre chaos : le hasard de mouvements, des zones floues, et des accidents lumineux. Le monde n’est pas donné comme harmonieux et notre oeil s’y perd : les images vacillantes de ces chantiers éphémères évoquent la fragilité de la photographie et du temps qui passe, à l’image des subtiles traces laissées par la trajectoire du soleil.

Les images obtenues sont répertoriées, cartographiées et documentées, puis diffusées en ligne sur une carte Google Maps. Entamée à Montréal et Laval en partenariat avec les centres d’artistes Dare-Dare et Verticale elle poursuit cette œuvre en Gaspésie où plusieurs sténopés sont installés puis récoltés dans le cadre de Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie.


In 2015, Janie Julien-Fort began the Chantiers sous surveillance (Sites under Surveillance) project. She made and installed hundreds of little pinhole cameras near construction sites that acted as makeshift surveillance cameras tracking the evolution of the sites over time.

These apparatuses use the technique of solargraphy: they have neither a mechanism nor a lens – what happens is, sunlight passes through a tiny pinhole, which results in a print on photosensitive paper. Each picture requires several months of exposure time. At the conclusion of this long cohabitation with the landscape, the pictures unveil their own chaos: the randomness of movements, blurry areas, accidents of light. The world does not appear as harmonious, and our eye loses its bearings: the wavering images of these ephemeral construction sites evoke the fragility of photography and of passing time, just like the subtle traces left by the path of the sun.

The images obtained are listed, mapped and documented, then disseminated online over Google Maps. Launched in Montreal and Laval within the support of the artists run centres Dare-Dare and Verticale, she is carrying on with the project in the Gaspé, where a number of pinhole cameras are installed so that their images can be harvested as part of Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie.

http://www.photogaspesie.ca/portfolio/janie-julien-fort-a-marsoui/

https://www.lafabriqueculturelle.tv/articles/3769/derriere-la-camera-cinq-photos-mises-en-mots-rencontres-internationales-de-la-photographie-en-gaspesie/